06 83 37 00 67
Programme 2025 - 2026
Le dialogue des cultures : l’exemple de l’Europe et du Japon.
Nous vivons dans un monde plus ouvert que jamais, où les contacts entre cultures différentes sont souvent enrichissants, parfois aussi difficiles.
La rencontre avec une culture très éloignée de la nôtre risque de buter sur deux obstacles : soit on ramène celle-ci à la nôtre (ethnocentrisme), soit on l’installe dans une distance radicale par rapport à la nôtre (soit pour la mépriser, soit pour l’admirer).
Mais il est sans doute possible de trouver une bonne distance, ni trop près ni trop loin, de manière à comprendre des manières de penser et des comportements qui, même s’ils sont très éloignés des nôtres, auraient pu, après tout, être les nôtres, si notre culture avait pris un autre chemin…
J’essaierai d’illustrer cette idée sur le cas de la culture japonaise. J’illustrerai mon propos (projections à l’appui) en étudiant en particulier l’art des jardins au Japon et en Europe, et les rapports de l’architecture traditionnelle japonaise et de l’architecture européenne.
Création, invention, production
Nous avons l’habitude de ranger les activités humaines sous des catégories familières : l’artiste crée, l’ingénieur invente, l’artisan ou l’ouvrier produit. Mais qu’est-ce qui distingue précisément ces activités ? Ces termes, création, invention et production, sont-ils vraiment clairs ? Ne manifestent-ils pas, trop souvent, nos préjugés au sujet de ces activités (la création serait l’acte libre par excellence, la production, au contraire, serait asservie à la matière) ? Pour répondre à ces questions, nous examinerons en quoi consiste l’activité de l’artiste, de l’ingénieur et de l’artisan.
La valeur de la vie
La grave crise environnementale que nous traversons menace non seulement l’espèce humaine mais aussi la diversité biologique et peut-être même l’ensemble du vivant.
La défense du vivant dans son ensemble, et pas seulement de l’existence humaine, est devenue un mot d’ordre pour tous ceux qui entendent lutter contre cet effondrement.
Cette défense se fait souvent au nom de la « valeur de la vie ». Je propose d’examiner, à la lumière de travaux récents, quel sens on peut donner à cette expression.
Mourir
La mort est un phénomène paradoxal, naturel et universel mais aussi culturel et relatif. Chaque culture humaine apporte en effet des réponses différentes à ces deux problèmes, l’un d’ordre théorique (pourquoi devons-nous mourir ?) l’autre d’ordre pratique (comment pouvons-nous affronter la mort ?). Les sociétés du passé (l’Antiquité gréco-latine et le christianisme médiéval) ont répondu à leur manière à ces deux questions. Le contexte de notre société est très différent. Nous vivons dans une époque à la fois scientifique et individualiste. J’essaierai de montrer comment cette particularité culturelle a modifié considérablement notre approche de la mort, tant au niveau des explications que nous donnons de ce phénomène qu’au niveau des attitudes, individuelles et collectives, que nous adoptons (ou essayons d’adopter) face à la mort.
Programme 2024-2025
Religion et liberté
Mardi 8 octobre
Les notions de tolérance (dans les pays anglo-saxons) et de laïcité (en France) sont désormais des acquis dans nos sociétés démocratiques. Sauf exception toujours possible, il n’y a plus beaucoup de conflits, dans ces sociétés, entre les religions et les pouvoirs politiques. On sait cependant qu’il n’en a pas toujours été ainsi, et qu’il n’en est pas (encore) ainsi dans d’autres sociétés.
Comment en sommes-nous venus à pacifier les rapports entre religion et politique ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de faire un détour par d’autres questions : qu’appelons-nous foi ? quelle est la fonction d’un État démocratique ?
Ceux qui désirent préparer cette séance peuvent lire un texte court et essentiel : la Lettre sur la tolérance de John Locke (Flammarion, GF).
Penser en images : Pieter Bruegel
Mardi 10 décembre
Les philosophes, depuis Socrate, se méfient des images. Penser, c’est essayer de connaître la réalité à l’aide de concepts et non d’images. Les concepts sont clairs et précis, les images, qui sont confuses et vagues, font plutôt rêver, elles séduisent et, souvent, trompent.
Mais ce qui vaut des images en général vaut-il des images que produisent les artistes ? Ne peut-on pas penser en images ? C’est la question que nous aborderons à partir de l’œuvre de celui qui est à la fois un immense peintre et un très grand penseur : le flamand Pieter Brueghel (dit Brueghel l’Ancien, 1525-1569).
En quel sens le passé
existe-t-il ?
Mardi 11 février
Saint Augustin, dans ses Confessions, affirme que le passé n’est plus, que le futur n’est pas encore et que le présent ne peut être qu’en cessant d’être, puisqu’il passe à chaque instant. La question de la nature du temps (de ce qu’est le temps) est une des plus difficiles auxquelles les philosophes, depuis l’Antiquité, ont essayé d’apporter une réponse.
Je propose de l’aborder sous un de ses aspects seulement. En quel sens peut-on dire du passé qu’il n’existe pas ? Quelle différence y a-t-il entre « ne pas exister » et « ne plus exister » ? Et ne doit-on pas dire que le passé « existe encore », sous de multiples formes ? Nous nous attacherons à analyser quelques-unes de ces formes.
Qu’est-ce qu’un peuple ?
Mardi 22 avril
Paul Valéry répétait que « les mots excellent à se faire croire ». Certains d’entre eux, en effet, sont faits pour chanter ou pour séduire plus que pour penser. C’est le cas du mot peuple, qu’on entonne depuis longtemps, ici et là, de multiples manières (souvent en compagnie d’autres mots aussi vagues : la liberté du peuple, etc.). C’est pourquoi il est nécessaire, si l’on veut parler et penser rigoureusement, de faire des distinctions. Qu’appelle-t-on le peuple ? Les Romains, déjà, distinguaient entre populus (les citoyens) et plebs (les plébéiens, le petit peuple par opposition aux praticiens, les élites). Et nous ? Qu’entendons-nous exactement par ce mot, le peuple, par exemple quand nous parlons de la volonté du peuple ou des arts populaires (mais il existe bien d’autres emplois du mot) ?
Programme 2023-2024
Mardi 17 octobre à 10h:
Qu’est-ce qu’être heureux ?
Thème abordé : LE SENS DE LA VIE
"On dit des mots qu’ils ont un sens. On dit des comportements humains qu’ils ont un sens (ou qu’ils sont insensés). On ne dit pas d’une pierre ou d’un arbre qu’ils ont un sens (sauf, bien sûr, s’ils ont été choisis comme ornement dans un jardin).
Doit-on dire que la vie a-t-elle un sens ? Ou bien qu’elle est absurde ? Et si elle a un sens, est-ce un sens de la vie, le même pour tous, ou un sens dans notre vie, un sens propre à chacun ? Et qu’est-ce que donner un
sens à sa vie ? Est-ce la même chose que rechercher le bonheur ?
Voilà quelques-unes des questions que nous aborderons ensemble.
Je vous invite à participer à cette réflexion.
La philosophie s’adresse à tous, elle ne suppose aucune connaissance.
Que chacun vienne simplement avec son « bon sens », ce bon sens dont Descartes disait qu’il est « la chose la mieux partagée».
Mardi 28 novembre : Qu’est-ce qu’être
intelligent ?
On parle d’intelligence humaine, mais aussi, aujourd’hui,
d’intelligence artificielle.
Mais en quoi consiste exactement l’intelligence humaine ?
Est-elle simplement, comme celle de la machine,
la capacité de résoudre des problèmes ?
Mardi 6 février : Être soi-même.
Qu’est-ce que l’identité ? Est-on soi-même ? Le devient-on ?
Découvre-t-on ce que l’on est ? Ou bien se fait-on soi-même ?
